Facteurs et incidences des émissions de gaz à effet de serre

La majorité des gaz à effet de serre (GES) proviennent à la fois de processus naturels et d'activités anthropiques. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, les émissions provenant des activités anthropiques perturbent les processus naturels qui se produisent dans l'atmosphère et sont fort probablement la cause principale du réchauffement observé qui se produit depuis le milieu du XXe siècle. À l'échelle mondiale, près de 80 % des émissions de GES de sources anthropiques proviennent de la combustion de combustibles fossiles et des procédés industriels. Parmi les activités particulières, l'on retrouve : la conduite de véhicules, la production d'électricité, le chauffage et la climatisation des bâtiments, l'opération d'appareils électroménagers et d'équipements, la production et le transport de biens et la prestation de services et de transport pour les collectivités. En 2015, environ 26 % des émissions de GES produites au Canada provenaient du secteur de l'exploitation pétrolière et gazière, 24 % du secteur des transports, 11 % de la production d'électricité et 12 % des bâtiments.

Entre 1990 et 2012, on a observé une hausse de 51 % des émissions mondiales de GES;Note de bas de page 1 la plupart des augmentations ont été observées dans les pays en développement. Au cours de cette même période, la contribution du Canada aux émissions de GES mondiales totales est restée à moins de 2 % des émissions mondiales.

Les GES présentent un potentiel de réchauffement planétaire diversifié et une durée de vie variée dans l'atmosphère. Les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat, comme le méthane et les hydrurofluorurocarbones, sont des GES reconnus pour être très puissants et avoir une durée de vie relativement courte. La réduction des émissions de polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat peut donc permettre de réduire beaucoup plus vite les concentrations de ces GES dans l'atmosphère que des concentrations comparables de GES plus persistants. C'est donc dire que la prise de mesures immédiates visant à réduire ces GES en particulier peut être très avantageuse pour freiner le réchauffement climatique à court terme.

D'ici 2030, le Canada vise à réduire ses émissions de GES à un niveau inférieur de 30 % à celui de 2005. Ce faisant, il contribuera à limiter la hausse des températures mondiales moyennes à bien moins de deux degrés Celsius.

Principaux facteurs à l'origine des émissions de gaz à effet de serre

Une multitude de facteurs a un effet sur le niveau des émissions de GES au Canada. Ces facteurs comprennent la géographie physique du Canada, les changements démographiques de sa population et la croissance économique.

Le Canada est caractérisé par des conditions climatiques hautement variables. Par conséquent, une quantité d'énergie relativement plus importante que dans d'autres pays industrialisés est nécessaire pour chauffer et refroidir les maisons et les immeubles. Le pays est vaste, mais sa population est éparpillée, ce qui entraîne des temps de déplacements relativement plus importants et une demande plus élevée de transport que dans les pays plus petits ou densément peuplés. De plus, le Canada a connu une croissance démographique et économique plus rapide que la moyenne des autres pays développés entre 2000 et 2012, et ses ressources naturelles, dont le pétrole et le gaz, sont en forte demande.

En dépit de ces défis, au cours des vingt dernières années, le lien entre la croissance de l'économie et les émissions de GES au Canada a été rompu. Au cours de cette période, des améliorations technologies et des règlements ont été adoptés et mis en œuvre dans divers secteurs économiques, notamment dans le secteur de la production d'électricité, afin de favoriser la réduction des émissions.

D'autres facteurs importants ont une incidence sur les émissions de GES dont l'adoption de pratiques et d'équipement hautement efficaces par les consommateurs et l'industrie. De nos jours, les consommateurs et les industries sont mieux renseignées sur leurs choix de consommation et sur les impacts de ces choix sur l'environnement. Des exemples de ces choix comprennent les moyens empruntés par les gens pour se rendre au travail et les décisions des entreprises concernant l'emplacement des installations de fabrication ainsi que les décisions à propos de l'efficacité des procédés industriels ou la fabrication de produits éconergétiques.

Incidences principales des émissions de gaz à effet de serre

Les rejets de GES et la concentration accrue de ces gaz dans l'atmosphère ont déjà une incidence sur l'environnement, sur la santé humaine et sur l'économie. Ces changements se manifestent notamment dans le Nord canadien et touchent de nombreuses collectivités autochtones et éloignées. Les prévisions indiquent que ces incidences s'aggraveront, à moins que des efforts unifiés ne soient déployés pour réduire les émissions.

Incidences sur l'environnement

  • Les températures annuelles moyennes globales devraient augmenter.
  • La hausse des températures fera diminuer la couverture de neige, de glaces de mer et de glaciers, ce qui entraînera une élévation du niveau de la mer et une augmentation des inondations côtières. La hausse des températures fera également dégeler le pergélisol dans l'Arctique.
  • L'érosion côtière sera probablement plus marquée dans la plupart des régions en raison des hivers plus doux et de l'amincissement de la couverture de glace.
  • Les niveaux de précipitation devraient augmenter dans la plupart des régions du pays et au cours de toutes les saisons, sauf dans certaines régions du Sud du Canada où l'on prévoit une diminution des précipitations en été et à l'automne.
  • On s'attend à ce que cette hausse des précipitations soit accompagnée d'une augmentation de la fréquence des épisodes de fortes précipitations, ce qui entraînera une hausse du risque d'inondation.
  • La fréquence et la gravité des vagues de chaleur devraient augmenter, provoquant une hausse du risque de feux de forêt.
  • De nombreuses espèces sauvages auront de la difficulté à s'adapter à un climat plus chaud et seront probablement exposées à un stress plus grand causé par les maladies et les espèces envahissantes.

Incidences sur la santé humaine

  • La hausse des températures et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes peut faire augmenter le risque de décès attribuables à la déshydratation et à l'insolation, ainsi que le risque de blessures dues à des changements intenses dans les conditions météorologiques locales.
  • On pourrait observer une augmentation du risque de problèmes respiratoires et de problèmes cardiovasculaires et de certains types de cancer au fur et à mesure que les températures augmentent et aggravent la pollution de l'air.
  • Le risque de maladies transmises par l'eau, la nourriture, les vecteurs et les rongeurs pourrait augmenter.
  • On prévoit que les collectivités du Nord du Canada, de même que les populations vulnérables, comme les enfants et les personnes âgées, seront les plus touchées par ces changements.

Incidences économiques

  • Les changements des conditions climatiques pourraient avoir des répercussions sur l'agriculture, la foresterie, le tourisme et les loisirs.
  • On s'attend à ce que les incidences sur la santé humaine ajoutent des pressions économiques sur les systèmes de soins de santé et de soutien social.
  • Les dommages causés aux infrastructures (p. ex., les routes et les ponts) par les phénomènes météorologiques extrêmes, le dégel du pergélisol et l'élévation du niveau de la mer devraient augmenter et auront des conséquences sur les populations locales et le développement des ressources.

Façons de réduire les émissions de gaz à effet de serre

La lutte contre les changements climatiques exige une action de tout le monde dans toutes les nations. Les gouvernements, les entreprises et les particuliers doivent prendre des mesures importantes afin de réduire les émissions, en utilisant les ressources de façon plus efficace et en adoptant des technologies nouvelles et plus propres.

Gouvernements

Le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques constitue le plan que le gouvernement du Canada a mis au point en collaboration avec les provinces et les territoires et en consultation avec les peuples autochtones pour atteindre la cible de réduction des émissions de GES du Canada et stimuler la croissance économique.

Ce plan prévoit une approche pancanadienne pour établir la tarification de la pollution par le carbone, ainsi que des mesures pour concrétiser cette réduction dans tous les secteurs économiques. Il vise également à stimuler l'innovation et la croissance, c'est-à-dire accroître la conception et l'utilisation de la technologie de façon à ce que les entreprises canadiennes soient concurrentielles dans l'économie mondiale à faibles émissions de carbone.

La mise en œuvre du Cadre pancanadien est une étape clé prévue dans la Stratégie fédérale de développement durable. La Stratégie établit les priorités du gouvernement du Canada en matière de développement durable, fixe les objectifs et les cibles et définit les mesures à prendre pour les atteindre. La Stratégie 2016–2019, la troisième stratégie du Canada, décrit les mesures que le gouvernement prendra en collaboration avec ses partenaires au pays et à l'étranger. À ce titre, elle soutient le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et ses objectifs de développement durable (ODD) à l'échelle planétaire.

Pour connaître les incidences prévues dues à la réglementation sur les GES développés par le gouvernement du Canada, consultez le résumé de l'étude d'impact de la réglementationNote de bas de page 2 (REIR) qui accompagne chaque règlement. Le REIR souligne les raisons derrière un règlement particulier, ses objectifs ainsi que ses coûts et ses avantages prévus. Le REIR inclut également des détails à propos de consultations effectuées et de la façon dont le gouvernement entend mesurer le rendement du règlement.

Entreprises

Les entreprises peuvent tenir compte de la nécessité de réduire les émissions de GES, ainsi que des considérations liées à la tarification du carbone, au moment de prendre des décisions d'investissement, de planification et d'exploitation pour ainsi améliorer leur résilience et leur compétitivité à long terme. Par leurs actions et leurs investissements, les entreprises peuvent également faciliter la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. À titre d'exemple, plus de vingt entreprises canadiennes ont pris part à la Coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone (disponible en anglais seulement), initiative volontaire qui vise à soutenir et à encourager la mise en œuvre réussie de la tarification du carbone dans le monde entier.

Particuliers

Les particuliers peuvent réduire les émissions de GES à la maison, au travail et dans les activités quotidiennes. Nous pouvons tous faire une différence en changeant nos comportements et en prenant des décisions à l'égard de notre mode de vie qui permettent de réduire les émissions. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la façon dont la population canadienne peut contribuer à la réduction des émissions de GES, il faut consulter la page Les dix meilleures façons de faire une différence du site Web des mesures du Canada face aux changements climatiques.

Sources

Indicateurs connexes

Renseignements supplémentaires

Date de modification :